Une rentrée en maternelle sans stress c’est bien. Une année heureuse, c’est mieux !

Ca y est, c’est bientôt le D-day, votre enfant va fréquenter l’école pour la première fois. Mamie réclamera une photo devant la grille tandis que Tonton appellera pour récolter les premières impressions.  On a tendance à sacraliser le tout premier jour d’école, la toute première rentrée. Or, cette mythification induit le risque de « rater » la rentrée. Ce jour serait-il représentatif de l’année scolaire à venir ? Heureusement non, mais comment faire pour bien démarrer et éviter l’effet flop ?

 

Anticipez le stress de l’inconnu en préparant des connexions

Imaginer un futur proche, c’est aider le cerveau à se forger un cadre, des ambiances, comme s’il les connaissait un peu. Avec une évocation régulière (mais pas abrutissante), le cerveau stocke des informations qu’il ira chercher les premières semaines d’école pour les faire correspondre à ce que l’enfant découvre. Avec quelques « souviens-toi, on en avait parlé » la connexion se fait et l’angoisse de l’inconnu s’estompe.

Si vous avez visité l’école avec votre enfant lors de l’inscription, il ne sert à rien de mobiliser ses souvenirs, ils n’existent plus. En revanche, peut-être pouvez-vous passer de temps en temps devant l’établissement et évoquer l’école, et y donner du sens : ce qu’il y fera, pourquoi il y va, à quoi cela sert.

Évitez de parler de la seule « rentrée ». Souvent les enfants comprennent qu’un jour important les attend, qu’ils seront séparés de leurs parents ce jour-là. Si ce n’est que ça, les doigts dans le nez, la rentrée !

Résultat, cette journée se passe très bien mais le lendemain et surlendemain, quand ils comprennent que ça recommence encore et encore… Vous voyez le stress et le dépit de Bill Murray chaque matin dans Un jour sans fin ?

 

Évoquer l’école, c’est rassurer. Rabâcher, c’est angoisser

N’essayez pas de vous mettre à sa place, personne ne se souvient de sa première année. Seuls restent les souvenirs des parents, c’est-à-dire des projections. Évoquez par « touches » comme s’il s’agissait de dégrossir un brouillon représentatif. Quelques albums lus de temps en temps au cours de l’été (sans en faire le thème littéraire des vacances) peuvent vous aider : Je veux pas aller à l’école de Stéphanie Blake, L’école de Léon de Serge Bloch, Calinours va à l’école de Alain Broutin…

rentréeGrâce à ces livres, évoquez de temps à autres le déroulement d’une journée type, pour ancrer des rituels : on arrive, on dit bonjour, on joue seul ou avec les autres. On se rend aux toilettes, dans la salle de motricité. La maitresse lira des histoires, puis ce sera l’heure du déjeuner (évitez « heure des parents » si vous ne pouvez pas venir le chercher tout au long de l’année), etc.

Laissez venir les questions et préparez la séparation. Faites référence à d’autres séparations (un week-end chez les grands-parents, la crèche…) et surtout aux retrouvailles. Il n’est pas évident du tout pour un enfant de trois ans d’anticiper un futur proche. Mais le souvenir que quoi qu’il arrive il retrouvera les parents est un socle de confiance.

 

Prendre le rythme de l’école avant la rentrée

Les maternelles ouvrent leurs portes généralement entre 8h et 8h45. Prévoyez le temps nécessaire à un réveil matinal en douceur, un petit déjeuner sérieux (consistant, assis, en bonne compagnie et sans écrans), la toilette, l’habillage et le trajet jusqu’à l’école. Au cours des jours précédant la rentrée, l’enfant doit réaliser qu’il ne peut plus rester en pyjama avec ses moustaches de chocolat à jouer avec les miettes pendant des heures.

À l’école, les enfants de petites sections sont souvent les premiers à manger. En général, à 12h30, le déjeuner est terminé. Après quelques instants de jeu, direction la salle de sieste vers 13h-13h30. Aussi à la maison, une semaine avant le jour J, résignez-vous à abandonner le barbecue démarré à 13h30. Ainsi que le repas à rallonge dans l’après-midi avec les petits qui s’endorment à 16h la tête dans l’assiette…

Cela vous impose également de reprendre une heure de coucher correcte. On y va en douceur et petit à petit on regagne le lit vers 20h30.

Sans précipitations toutefois car la rentrée est souvent échelonnée pour permettre aux plus petits de se mettre dans le bain progressivement. Et puis, les enseignants rentrent de vacances, eux aussi reprennent calmement !

 

Le jour de la rentrée ne doit pas être un jour sacré et idyllique qui ouvre sur une année de stress, de petits déjeuners dans la voiture et de larmes sur le pas de la porte de la classe. Le jour de la rentrée est tout simplement le premier jour d’une scolarisation paisible et heureuse.

Il est donc important de préparer l’école dans sa globalité.

 

 

Laurie PICARD pour l’Association Oze

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