Un sujet complexe et souvent très redouté des parents, celui de parler de la mort à un enfant. C’est une étape riche en émotions et nous ne savons pas toujours comment aborder le sujet avec les plus jeunes. Petit tour d’horizon sur les bons gestes à adopter dans cette épreuve.

 

Premiers comportements

Vous venez d’apprendre une triste nouvelle, un de vos proche est décédé. Selon votre sensibilité, vous réagirez différemment. Mais dans tous les cas, ce sera un événement important de votre vie. Il n’est simple pour personne de perdre un être qui nous est proche, souvent un parent, un ami ou même un animal. Pour un enfant, selon les âges, la compréhension du concept de mort n’est pas la même.

Durant la très petite enfance, un enfant ne comprendra pas que quelqu’un n’est plus. Néanmoins, il comprendra que la situation est exceptionnelle. En effet, même un nourrisson ressent les émotions d’autrui et plus encore de ses parents qu’il verra tristes, stressés ou irritables.

Il est donc conseillé, si vous le pouvez, de garder les mêmes habitudes, la même routine quotidienne. Dans le but de déstabiliser le moins possible l’enfant. Ceci passe par les gestes les plus anodins, le petit déjeuner, le rituel du coucher, l’organisation pour la crèche ou l’école…

 

Amorce et compréhension de la mort

Les mots à éviter

L’enfant qui est confronté à la mort est aussi confronté au concept de vide ou d’abandon. Il est compliqué pour un enfant de comprendre que la mort est définitive et irréversible. Aussi, il vous faudra lui expliquer que ce n’est pas un sommeil, car la personne décédée ne se réveillera pas. Evitez donc les mots laissant penser à un voyage « partir », « s’en aller » et les mots en lien avec le sommeil  « s’endormir », par exemple. L’enfant pourrait penser que la personne pourrait revenir et donc se créer de faux espoirs. Ou même des craintes au moment du sommeil ou d’un voyage.

Illustrer par des exemples

mortRestez un maximum ouvert d’esprit et expliquez-lui le cycle de la vie. Pourquoi pas avec des exemples simples mais concrets, avec vos mots. Il peut même s’agir d’une bonne introduction aux sciences naturelles selon l’âge de votre enfant et sa curiosité. Il est tout à fait possible d’illustrer par des exemples tels que le processus de vie d’une fleur. « Vient d’abord le bourgeon, puis la floraison. Et enfin elle se fane mais en laissant une petite part d’elle dans le pollen que les abeilles ont récolté. »

Expliquez-lui la mort d’un proche sans trop de détails mais avec honnêteté. « Son cœur a cessé de battre mais il ne souffre plus. » Ne tardez pas non plus à en parler avec lui. Parler permet de mettre des mots sur un événement, que ce soit pour vous ou pour votre enfant. C’est indispensable. Pour apaiser l’enfant, dites-lui qu’il ne sera jamais seul, surtout s’il s’agit pour lui de la perte d’un parent.

Le questionnement

Laissez votre enfant vous poser des questions et ne vous braquez pas si elles vous offusquent ou vous paraissent déplacées. Dans un premier temps, vérifiez ses connaissances sur la mort, où votre enfant se place dans la compréhension de la mort. Les questions qu’il vous pose demandent une réponse authentique, réelle, soyez le plus franc possible. Vous avez le droit de ne pas savoir comment répondre à l’une ou plusieurs de ses questions. Dites-lui simplement qu’il s’agit de questions qui sont compliquées, même pour vous ou d’autres adultes. Les questions sur le concept de la mort peuvent arriver très tôt (vers 2-3 ans). Ne soyez pas surpris si cela arrive, c’est normal.

 

Vivre après la perte d’un être cher

Se reconstruire après l’acceptation de la mort d’une personne que l’on aime n’est pas chose facile. Pour un enfant, même en ayant assimilé le concept de mort, l’événement parait triste et difficile à surmonter dans bien des cas. La remémoration des souvenirs et l’évocation de beaux moments passés avec l’être décédé est source de nostalgie, de tristesse mais aussi de joie.

Pour les enfants, l’album « Au revoir Blaireau » (Susan Varley) est tout à fait adapté au processus de deuil. Il permet de comprendre, avec des mots adaptés, des images et une histoire. Pourquoi nous devons nous réjouir des moments passés avec nos proches. Il permet de poser des questions, mais aussi de comprendre que ses souvenirs ne s’envoleront pas.

Faire un album photos ou des reconstitutions avec des supports, donner un objet personnel de la personne décédée peut aider dans le processus de reconstruction d’un enfant. Dans la même optique, un enfant peut être physiquement présent durant la cérémonie ou symboliquement avec un dessin, un doudou, des petits objets…

 

Pour de plus amples informations, rendez-vous sur les sites des associations suivantes :

– association La Marguerite qui propose des ateliers pour enfants en deuil : http://associationlamarguerite.fr/la-marguerite/

– association Empreintes qui s’adresse à un public plus large : https://www.empreintes-asso.com/accueil-2/missions

 

 

Kelly Legrand pour l’Association Oze