Vous appréhendez la fonte du cerveau de votre enfant pendant les vacances mais vous ne supportez plus de vous énerver autour du théorème de Pythagore sur la table du jardin chauffée à 28°C ? Tout ça à cause d’un cahier de vacances ? Lisez ce qui suit.

Des plus classiques ou plus fondatrices, voici six options efficaces pour maintenir les enfants en éveil et vous, en mode pause.

 

1. Rédiger de bonnes vieilles cartes postales

Mamie, le cousin, et si on leur postait une pensée ? L’écriture manuelle est enrichissante : on prend sa plus belle plume, on découvre les conventions du genre épistolaire, on apprend la valeur d’un timbre, …

Cela pousse à plus de questionnements : quelle orthographe ? Quel accord ? Et donc à chercher des réponses, à manipuler des outils souvent réduits à un usage didactique (Bescherelle, dictionnaire, …).

Cela donne du sens à l’exercice d’écriture, à la langue française, enfermée dans sa condition d’objet d’étude tout au long de l’année scolaire.

Surtout, on ne joue pas les Bernard Pivot, on laisse faire l’inspiration et la motivation (qui sera favorisée si vous-mêmes rédigez vos correspondances estivales).

 

2. Jardiner, bricoler, cuisiner… et partager

Dans votre jardin ou chez les agriculteurs qui proposent le ramassage direct sur l’exploitation, on découvre les plantes, les fruits, les légumes.

A la pesée, on mobilise les connaissances sur les masses, leur unité, les conversions. La recette de la tarte aux tomates pour 4 alors que vous serez 6 offre une belle situation de proportionnalité. Si on repeint la porte du garage, on parle litres et surface, mètres carrés et technique.

Profitez des vacances pour impliquer les enfants dans vos tâches quotidiennes, cela donne du sens à une multitude d’apprentissages complètement décontextualisés en milieu scolaire (et double effet Kiss Cool : cela vous soulagera !). Et sans cahier de vacances !

 

3. Ranger, trier, organiser l’espace

Un environnement ordonné, clair et lisible aide à gagner en autonomie.

cahier de vacancesPour les petits, ranger c’est l’occasion de classer, de catégoriser.  Cela aide à mémoriser, à raisonner. Organiser un espace peu connu ouvre un champ d’apprentissage immense : pensez à tout le vocabulaire du garage, à la fonction, au mode d’emploi de chaque objet !

Intérêt cognitif identique chez les grands : structurer son environnement permet de structurer sa pensée, de planifier une méthode. C’est un excellent entraînement aux attendus de l’école (« cet exemple illustrera tel argument, je place ce paragraphe important en premier »).

Et pourquoi pas organiser un vide grenier et leur verser les gains pour donner de la valeur à leur implication ?

 

4. Couper les écrans, lancer les dés

Attention à la cure d’écrans estivale ! Sortez les jeux de société. Par exemple, un Time’s Up libère les talents de dessinateur, d’imitateur et donc améliore la capacité à conceptualiser. Le Jeu du Loup Garou les poussent à observer, à raisonner.

Pas la peine d’y consacrer son après-midi : une partie de petits chevaux avec des enfants de 5 ans dure environ 20 min. En invitant les copains, vous vaquerez rapidement à vos occupations.

Enfin, parce qu’il est bon aussi de savoir s’occuper seul, il existe une multitude de cahiers de dessins magiques, de mots cachés… Tous ces supports fortifient les fonctions cognitives.

 

5. Oublier le cahier de vacances et booster le cerveau par les sens

Les fonctions cognitives (attention, perception, langage, mémoire, motricité,  raisonnement), hyper sollicitées tout au long de l’année scolaire, méritent des vacances. C’est le moment de solliciter les facultés sous jacentes. On sait que l’apprentissage n’est possible que grâce aux fonctions sensibles. Les stimulations de l’ouïe, de la vue, de l’odorat, du goût, du toucher sont les bases de notre capacité à raisonner.

Pensez donc à toutes les activités sensorielles possibles pendant les vacances : poterie, photographie, expériences culinaires, pratique d’un instrument ou simplement écoute des chants d’oiseaux. Surtout, questionnez les sens de vos enfants « ça fait quoi sur les doigts ? », « quelle saveur relèves-tu ? ».

Et qui sait, une vocation naîtra peut-être de ces expériences sensorielles ?

 

6. Booster l’autre cerveau par le ressenti

En vacances, on remplace le « t’as compris ? » par « t’as ressenti ? ». En effet, il existe une plasticité cérébrale de l’estime de soi. L’expérience et son ressenti positifs ou négatifs installent un stimulus qui s’ancre durablement grâce à la répétition. Il est donc primordial d’ancrer les émotions positives.

Les apprentissages qu’offrent les vacances (apprendre à nager, à ramer, à randonner, à escalader…), chaque moment de détente, de lâcher-prise peuvent faire l’objet d’une prise de conscience : « Tu sens comme c’est agréable le soleil sur la peau ? », « Tu sens comme tu es fier de toi ? », « Tu réalises comme tu as dépassé tes peurs ? »

Ces instantanés de l’été seront des piliers de confiance et d’estime de soi indispensables pour affronter l’école.

 

Ces « apprentissages de vacances » impliquent certes votre présence dans certains cas. Consacrez simplement le temps que vous auriez passé à vous énerver sur le cahier de vacances à ces activités communes. Dialoguez, jouez, profitez.

 

Laurie Picard pour l’Association Oze

cahier de vacances