Le poste de CPE, conseiller principal d’éducation, est une spécificité française. Acteur important du système éducatif, ses fonctions sont nombreuses et pourtant méconnues du public. Petit point sur son rôle, son importance capitale dans un établissement et le lien privilégié qu’il entretient avec les parents.

 

Les missions du CPE

CPEDès 1819 dans les lycées napoléoniens, les surveillants généraux (surgés) « sont chargés sous les ordres du fonctionnaire de diriger les maîtres d’étude, de les aider de leur autorité et de leur expérience ». Leurs missions vont évoluer grâce aux avancées en psychologie de l’enfant et aux différentes politiques mises en place. En 1970, le « surgé » devient le conseiller d’éducation puis, en 1982, le conseiller principal d’éducation. Il assure alors des rôles multiples, parfois opposés, oscillant entre éducation et pédagogie.

De nos jours, le CPE participe aux activités éducatives du second degré (collège ou lycée) sans enseigner. Ses fonctions se situent dans le cadre général de la vie scolaire (le temps hors classe). Elles contribuent à placer les élèves dans les meilleures conditions possibles pour leur scolarité. La circulaire du 10 aout 2015 actualise les missions du CPE au regard du référentiel de compétences professionnelles de juillet 2013. Les responsabilités du CPE se repartissent en trois domaines : la politique éducative de l’établissement, le suivi des élèves et l’organisation de la vie scolaire.

Concrètement, le CPE participe au bon fonctionnement de l’établissement. Il gère les absences, l’organisation du service de la vie scolaire, les mouvements des élèves, la sécurité… Il collabore également avec le personnel enseignant (échanges d’informations, participation aux conseils de classe, collaboration à la mise en œuvre de projets) et gère l’animation socioéducative (clubs, relation au collectif, formation des délégués). Le CPE est donc au centre de la vie de l’élève dans l’établissement.

 

Un acteur principal de la coéducation

La relation des familles avec l’école n’a pas toujours été facile. Nous parlons parfois de « malentendu école-famille » pour reprendre les termes du sociologue François Dubet car les finalités éducatives diffèrent. Pourtant nous nous dirigeons peu à peu vers une véritable école ouverte et une coéducation effective.

Les parents d’élèves sont membres de la communauté éducative.  Ils disposent donc de droits au sein de l’établissement scolaire (participation à la vie scolaire, à certaines instances, dialogue avec le personnel éducatif…). Au sein de l’établissement, le CPE est un véritable allié des parents ou responsables légaux. Ses missions de suivi et d’accompagnement de l’élève lui confèrent en effet la tâche d’informer les familles de toute situation (absentéisme, violence…) qui le préoccuperait. De même, il peut inviter ou recevoir les parents pour un entretien s’il le juge nécessaire. En collaboration avec les personnels enseignants et d’orientation, les CPE aident les familles à l’élaboration et à l’accompagnement du projet personnel de chaque élève.

Entretenir un dialogue permanent avec le CPE de son enfant est capital. Car cela permet d’informer la communauté éducative d’éléments parfois essentiels sur les conditions de vie de l’élève. Mais aussi sur son quotidien hors de l’établissement scolaire, ce qui va créer une véritable éducation concertée. Il ne faut donc pas hésiter à entrer en contact avec lui. Que ce soit pour des questions concernant le système éducatif, en cas de changement d’attitude préoccupant ou pour toute autre interrogation relative à la scolarité ou au bien-être de l’élève.

 

                                                                                         Alexandra BELOU pour l’association OZE