Communiquer, ce n’est pas parler ou se faire comprendre, c’est transmettre non verbalement à son interlocuteur qu’il est important pour nous. C’est notre attitude globale dans la relation qui communique ce que nous avons de plus important à dire à l’autre. Communiquer, c’est écouter, chercher à comprendre l’autre, s’intéresser sincèrement à lui, à sa vie, à ses émotions.

Communiquer avec mon enfant : premiers repères

Il est impossible de maîtriser tous les paramètres de la communication avec un enfant tant ils sont nombreux et subtils. Mais il est important de réfléchir à ce qu’on transmet dans les mots comme dans les faits. Un enfant a besoin d’honnêteté et de cohérence pour construire sa logique du monde. Communiquer de façon globale, véhiculé par les actes quotidiens, doit donc contenir des messages pertinents, cohérents et marqués de bon sens. Car c’est la base de confiance en lui et en l’avenir que l’enfant construit sur les dires et les actes de son entourage éducatif.

Selon Christel Petitcollin, formatrice en communication et développement personnel, les règles d’une bonne communication avec son enfant comportent des ingrédients-clés :

  • De la protection mais pas trop,
  • De l’écoute jusqu’à un certain point,
  • Des permissions encadrées de limites bien solides,
  • Des encouragements nuancés de critiques constructives.

communiquer

Les entraves à une bonne communication parents-enfants

La première chose à faire pour mieux communiquer avec ses enfants est de se débarrasser des trois principales entraves à un climat relationnel serein et objectif : la culpabilité d’être un « mauvais » parent, le perfectionnisme ou le mythe du parent parfait, l’adultification des enfants.

Pour se dégager de ces entraves et donc proposer un modèle d’adulte confortable et constructif à vos enfants, il faut retrouver la simplicité, l’évidence et le bon sens.

Retrouvez votre bon sens le plus élémentaire : un enfant doit manger de tout, se laver les dents, faire ses devoirs, ranger sa chambre, obéir à ses parents et se coucher tôt. Il n’est pas utile de tergiverser sur ces questions.

Renoncez à votre fantasme de perfection : il n’existe pas de parents parfaits. Chacun fait comme il peut avec ce qu’il a.

Restaurez votre égoïsme : c’est en prenant soin de vous que vous serez plus efficace et plus disponible pour vos enfants !

Le langage de protection

Pour se sentir en sécurité, les enfants ont besoin de parents forts et compétents pour les accompagner dans leur croissance. Cela implique que vous devez savoir prendre des décisions sans demander à chaque instant ce que votre enfant désire, choix qui le terrorisent et le dépassent (« que veux-tu manger ? », « comment veux-tu t’habiller ? », etc.)

Il faut également savoir faire la différence entre « besoins » et « désirs ». Si les parents doivent satisfaire tous les besoins physiologiques de leurs enfants (être au chaud, manger, boire, dormir, jouer, se faire câliner), ils n’ont pas à prendre en charge leurs désirs. Une nourriture équilibrée, une bonne hydratation, un coucher tôt et des câlins à satiété rendront naturellement un enfant serein et sécurisé.

Enfin, gardez en mémoire que, pour être rassurés, nos enfants ont besoin de sentir que leurs parents sont plus forts physiquement et moralement qu’eux. Evitez donc les phrases telles que « Tu es plus fort que maman » ou « Je n’arrive plus à te soulever tellement tu as grandi ».

Le langage de fermeté

Les enfants cherchent des limites car elles les sécurisent, les structurent et les aident à construire leur identité.

N’ayez pas peur de dire « non », « pas maintenant », de poser des limites par un ton ferme, calme et efficace. Bien sûr, poser des limites n’est pas si simple. Mais certaines choses doivent rester inacceptables pour soi comme pour autrui : l’atteinte à l’intégrité physique ou morale, la transgression des lois, le non-respect des règles élémentaires de sécurité, le manque de respect de soi et des humains, le manque de soin, d’hygiène et l’atteinte à la santé, le non-respect des règles de la vie commune, l’entretien et l’alimentation du fantasme de toute puissance de l’enfant.

Pour poser des limites à votre enfant, certaines attitudes sont à proscrire. En particulier celle de saper l’autorité de son conjoint, celle de se justifier et de s’excuser de poser une limite.

Le langage d’acceptation 

Dans le cadre bien défini de votre protection et de votre fermeté doit apparaître le dernier langage, celui de votre amour inconditionnel pour votre enfant. En effet, nous avons tous un immense besoin d’attention et de reconnaissance.

Pour développer et préserver l’amour de soi, l’enfant doit être entouré par une attitude chaleureuse et attentive. Il doit pouvoir se sentir accueilli, adopté, aimé, utile et être convaincu qu’il a bien sa place dans notre vie. Par exemple, pour combler son besoin d’être utile, l’enfant doit se sentir inclus dans le fonctionnement du foyer. Donnez-lui donc très tôt une participation aux tâches ménagères, il en sera ravi. A condition qu’elle soit adapté à ses capacités bien sûr 🙂

Par ailleurs, un regard parental positif renverra à l’enfant une image positive de lui-même. Si vous croyez votre enfant, beau, intelligent, débrouillard, sociable… il le croira aussi et le deviendra. Il existe des limites à cette affirmation. Mais il existe surtout une base rationnelle et de plus en plus démontrée, au travers des recherches en neurosciences.

L’enfant a également besoin de se sentir compétent. Validez ses réussites et encouragez-le à relever des défis.

Enfin, écoutez vos enfants d’une oreille attentive. Décidez de vous rendre disponible et éventuellement, différez-en le moment.

 

Communiquer avec son enfant peut devenir une grande et belle aventure. Accompagner sa croissance de notre soutien chaleureux, de notre propre connaissance de la vie, vivre au quotidien ses progrès et ses découvertes est une tâche noble et gratifiante… Et quel bonheur de voir son enfant épanoui !

 

Sandra MULLER pour l’association OZE