Les erreurs de nos enfants sont une opportunité plus positive si nous les abordons différemment. Encore faut-il les voir sous un nouvel angle… et connaître quelques clés pratiques.

Nous connaissons tous le dicton : « l’erreur est humaine ». Mais considérons-nous toujours celle de notre enfant avec autant de bienveillance ? Ne nous leurrons pas : la réponse est « non » !

Alors, comment nous y prendre pour accompagner notre chérubin au travers de ses bêtises ? Comment lui apprendre à réparer et à s’ (nous) en prémunir pour l’avenir ?

erreurs

Renversons la situation pour mieux la comprendre

Imaginez-vous sur votre lieu de travail… Vous venez de faire une « boulette » et votre patron hurle à votre attention : « j’en ai marre de tes erreurs… j’en ai marre de toi. Quand finiras-tu par t’appliquer ? Recommence… autant de fois qu’il le faudra… sans quoi tu ne rentreras pas chez toi ce soir ! »

Comment qualifieriez-vous sa réaction ? Quel(s) sentiment(s) éprouveriez-vous ? Que souhaiteriez-vous répondre spontanément à ces mots ? Et à l’inverse, quel serait votre besoin à cet instant précis pour donner le meilleur de vous-même ?

Comment pouvons-nous encore croire que notre enfant fera forcément mieux la prochaine fois… après avoir été durement grondé, voire sévèrement puni ?

Pourquoi serait-il dans un état d’esprit différent du nôtre ? Comment peut-il être réceptif et productif, alors que nous venons d’entamer le peu de confiance en lui dont il dispose ?

Alors regardons les erreurs différemment ?

Et si nous adoptions définitivement l’idée que notre enfant n’a assurément pas besoin d’avoir peur, ou encore d’être humilié, pour comprendre et progresser ? Si nous endossions le rôle (qui est le nôtre) de le conduire avec empathie vers une prise de responsabilité ?

Imaginez désormais que votre fils (ou fille) renverse son bol de céréales… un lundi matin, au petit déjeuner. Il est 8h00, vous êtes en retard.… Le temps s’égraine inexorablement, la tension monte.… Vous devez être chaussés, prêts à partir pour l’école, dans moins d’un quart d’heure. Que faites-vous ?

Imaginez à présent que vous renversez votre tasse de café (soit, avec les Chocolunes en moins)… Au-delà du réflexe de vous emparer à la hâte d’une éponge ou de papier absorbant, comment réagissez-vous ?

Ce brin de réflexion pour nous rendre à l’évidence. Notre enfant a d’autant plus droit à la maladresse et aux erreurs qu’il est encore incertain dans ses gestes. Il est souvent fatigué, voire stressé, à l’heure de la séparation d’avec son foyer, son doudou, son (ses) parent(s)…

La solution, ou plutôt un exemple de solution :

  • Zut ! Il nous reste 15 minutes pour nous préparer… Léo, que proposes-tu pour réparer ?
  • Ramasser mes céréales avec du Sopalin ?
  • Parfait, je te laisse faire !

Permettre à notre enfant de réparer lui-même ses erreurs le rend responsable des ses actes (maladroits ou pas) et lui apprend l’autonomie. Cela préserve aussi son estime de soi.

Les écueils à éviter (NDLR dans lequel tout parent qui se respecte est déjà tombé) :

  • Réparer à sa place. Le temps manque. Nous pensons « rapidité », « efficacité »… Et par notre souci premier de propreté, notre perfectionnisme, nous occultons l’essentiel. nous ne saisissons pas l’opportunité rêvée pour notre enfant d’acquérir un (nouveau) savoir-faire.
  • Nous laisser aller à la colère. Excédés, nous crions… et affichons une attitude contraire à celle que nous exigeons de notre enfant, au risque de perdre toute crédibilité…

De la prise de conscience à la remise en question… de l’ambition d’être un « bon » parent à celle d’appliquer la psychologie positive au quotidien, il n’y a qu’un pas. Ce pas offrira à votre enfant le cadeau du « vivre-ensemble en tout sérénité » !

 

Magalie Rocher pour l’association Oze